Des Canaries à Dakar, toujours plus sud, toujours plus chaud

Après la belle escale dans les Canaries et ses îles volcaniques aux couleurs rouges bordant des eaux turquoises, il est temps de continuer.
Une vraie longue navigation reprend, avec les étoiles et les bancs de dauphins ou de poissons volants qui viennent magnifier nos quarts… La route s’annonce bonne vers le sud, et chaque jour est l’occasion de développer sa sensibilité à la beauté de la nature.

C’est reparti ! Temps de prière méridional quotidien en cours…
Kêr Maï, ou le retour vers le ciel

À la suite de Christophe Colomb et ses trois caravelles, nous quittons L’île de la Gomera. Non pas en direction de l’Amérique, mais pour le moment vers Dakar.
Après avoir téléchargé les fichiers GRIB (météo) et constaté avec joie la présence du vent, c’est paisiblement que nous briefons le nouvel équipage qui prend place sur Kêr Maï.
La première nuit de navigation commence fort, nous prenons deux ris et ramassons le génois. Plusieurs équipiers sont malmenés par les effets de la houle, nous apprenons à barrer par vent arrière, ce qui fais de cette navigation un très bon entraînement pour l’allure que nous aurons pendant la transat.
Le deuxième jour de navigation se passe bien, l’équipage reprend le dessus sur la mer, nous nous habituons à la gîte. Car en effet tout notre quotidien est chamboulé : dormir, faire à manger, aller à la salle de bain est compliqué et demande adaptation.
Notre navigation est marquée par l’anniversaire d’Alix ! La team pêche nous fournit pour l’occasion une magnifique dorade et nos chers marmitons préparent un magnifique gâteau au chocolat. Car oui la vie en collectivité est aussi marquée par les petites attentions de chacun.
Nos rythmes de quarts fonctionne bien. À chaque binôme sa technique pour rester éveillé durant son quart : discussion spirituelle, musique, chant…
Mais au milieu de la navigation, nous avons eu un problème d’alternateur. Nous ne pouvions plus recharger les batteries avec le moteur. Nous sommes donc retournés à la navigation de base : relèvement au compas, point sur la carte et veille active. Quel plaisir de naviguer en suivant les étoiles ! Nous apprenons à reconnaître les constellations.
La navigation se poursuit paisiblement, sauf pour notre mécano-pêcheur à qui il arrive bien des malheurs. Trois lignes de perdues avec du matériel au bout… nous mettons le drapeau en berne.
Tout le long de notre navigation, nous avons pu contempler la création ! Entre les escadrons de poissons volants et les dauphins nous avons été émerveillé ! Et surtout nous avons aperçu pour la première fois des tortues : quelle grâce de voir ces animaux qui voyagent de terre en terre.
Finalement, c’est le 21 octobre que nous avons vu la terre de Dakar !

Sénégal, nous voilà !

Pendant ce temps, sur Exultet…

Mais où donc va ce bateau ?

Après avoir bien échangé avec le consul honoraire de France à Nouadhibou, l’équipage d’Exultet décide d’y faire un arrêt. Cela permet de faire une pause dans la navigation vers Dakar, en étant bien sûr assurés de la qualité de l’accueil et de la sécurité.

Le 19 octobre, après le Sahara Occidental, la Mauritanie et Nouadhibou sont en vue !

Nous avons déjà un contact à la capitainerie, un ami du consul, qui nous guidera jusqu’à notre point de mouillage. La veille reste bien attentive, le nombre de cargos et de petites barcasses voguant dans ces eaux étant assez impressionnant.

Cette escale de 2-3 jours permet à ceux qui le souhaitent de descendre à terre découvrir un nouveau pays, de nouveaux paysages désertiques, une culture très accueillante et la communauté catholique de Nouadhibou, dont les chants très vivants nous font redécouvrir la ferveur des croyants en Afrique. Tout l’équipage aura en plus droit à des cours de navigation de Thierry.

La belle chapelle de la paroisse de Noaudhibou

Nous repartons lundi matin, cap au sud !
13h51 : un banc d’une trentaine de gros dauphins se met à sauter autour du bateau, en nous indiquant une direction. Ni une ni deux, skippy Thierry décide de les écouter et lance un virement de bord. Vues les indications du sondeur de profondeur d’eau, nous avons bien fait.

Octobre rouge sur Exultet au large du Banc d’Arguin !

La nuit du mardi, Exultet file à 8 nœuds sur l’eau sous un ciel bien brumeux qui laisse à peine voir les plus brillantes étoiles.

Réveillé par les chants des laudes vers 8h, je découvre la fenêtre de mon hublot couverte de traces rouges. Un poisson vient-il d’être vidé au-dessus de moi ?
Je sors rejoindre l’équipage. Nous sommes tous surpris : il n’y a en fait aucun nuage ni brouillard. À la place, tout l’air nous entourant est saturé d’un sable rouge très fin. Le pont, qui venait d’être brossé la veille par Blandine et Marie-Charlotte, est complètement recouvert de cette terre battue… “Sale histoire” dirait le mécano.

Notre infirmière tente une nouvelle technique pour protéger ses poumons du sable… à vous de juger du style
OK, tout le monde est bien couvert…

Après notre temps de lecture quotidien et un bon déjeuner, c’est parti pour un grand nettoyage : pont, cockpit, haubans, bouts, winchs… presque tout y passe. Le seau marocain en pneu nous aura bien servi ?
Le sommeil viendra facilement après une douche bien méritée.

Mercredi, les quarts nocturnes sont très chantants, sous une lune toujours voilée par le sable et une atmosphère humide. Des chants qui, comme souvent, peuvent gêner le sommeil léger de certains ou certaines, qui ne se garderont pas de le faire remarquer au petit-déjeuner ?.
Toujours mercredi, alors que nous déjeunons, nous voyons une scène de combat aérien. Un rapace attaqué violemment un autre oiseau légèrement plus petit, qui meurt au bout de quelques minutes devant nos yeux abasourdis. Personne à bord n’avait déjà vu pareille lutte.
Une heure plus tard, nous croisons une grosse tortue qui, transportant un bout de bois, nous a fait faire demi-tour pour vérifier qu’elle allait bien.

Si la chaleur est étouffante à l’intérieur, même la nuit, les équipiers de quart peuvent en profiter pour veiller dehors en short et manches courtes… Et il faut admettre que c’est bien agréable. Sous une lune encore très lumineuse, le bateau glisse merveilleusement sur l’eau à 7 noeuds.

C’est dans la nuit du 24 au 25 qu’on commence à sentir la côte se rapprocher. Les odeurs de terre chaude, de feu de bois et d’épices viennent se mêler à celle des poissons d’un port de pêche de la côte… “Ça sent bon l’Afrique”, conclut Thierry, enthousiasmé d’y remettre les pieds. Exultet jettera l’ancre quelques heures plus tard devant le Cercle de Voile de Dakar, l’aurore pointant déjà son nez.

Lever du soleil juste après notre mouillage à Dakar. Kêr Maï est déjà là depuis quelques jours…

À peine levés au petit matin, nous sommes abordés par une annexe. Éric et Aymeric viennent de Kêr Maï nous accueillir : un programme bien chargé nous attend pour notre escale sénégalaise !

Manon, sur Kêr Maï, et Rémi, sur Exultet

Un commentaire

  1. Marc La Fay

    Très belle description, lue avec un peu de retard… 🙂
    Merci pour ce partage qui permet d’un peu mieux prendre place à bord de vos bateaux. Sans le sable, ni la moiteur. Mais aussi malheureusement sans les dauphins ou les poissons volants!
    Bon vent pour la suite de vos périgrinations.
    Marc

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