D’Haïti à Panamá, les derniers jours en mer

Une longue navigation en flottille

Exultet a mis les voiles mardi matin. Quittant l’Île-à-vache, les équipiers sont partis pour leur dernière navigation. Nous faisons route vers Panamá ! Tout le monde ne pense plus qu’aux JMJ, et à la fin qui approche.

Tandis que la navigation jusqu’à la République Dominicaine fut mouvementée, en raison de la force de la mer, celle jusqu’au Panamá s’annonce tranquille. Le vent n’est pas trop fort, et il est prévu que la mer se calme. La mer des Caraïbes, réputée pour sa houle forte ne nous dérangera pas.

Une des dernières manœuvres sur Exultet

Pour la première fois, les bateaux ne sont pas trop loin. Nous naviguons à portée VHF (environ  30 km). Grâce à cela, nous pouvons communiquer quand nous voulons. C’est l’occasion pour nous de partager nos exploits.

Tableaux de pêche

La pêche a été bonne sur Exultet, qui remonte une belle dorade coryphène et une bonite. Malheureusement, l’appât fini dans la gueule d’un autre poisson trop lourd pour la ligne. Estran remonte un thazard noir (un wahu en anglais). Après trois heures de lutte acharnée, ils perdent dans la nuit un espadon qu’ils avaient presque remonté à bord. Et Kêr Maï, comme souvent, n’a remonté que des algues.

Le Wahu d’Estran

Exultet reprend un nouveau rythme de quart : cinq quarts de deux heures, à deux. C’est la promesse de belles nuits de sommeil, et de discussions plus intéressantes. Et ceci est combiné à une organisation qui nous permettra de faire notre pain lorsque notre stock de pain frais sera épuisé : il faut un équipier de plus sur le quart de 4 à 6, pour faire lever la pâte, et gérer la cuisson entre 7 et 8.

Une pause subie, pour que nous arrivions bien reposés

Au troisième jour, le vent nous lâche complètement. Les bateaux lancent leur moteur, et Exultet se retrouve alors seul en arrière, son moteur étant moins performant que celui des autres. Au troisième jour, c’est pire encore, le réservoir d’essence se vide, et il faut se résoudre à couper notre moyen de propulsion, pour conserver de l’essence à l’arrivée. Nous laissons le vent nous faire avancer, qui nous pousse à un nœud.

Grâce à ce ralentissement, nous avons alors la joie de pouvoir prendre du temps pour commencer notre relecture de ce pèlerinage. Nous célébrons aussi la messe à bord. Le temps et les médicaments ont remis sur pied le père Tanguy Marie, et la mer est suffisamment calme pour éviter que le calice ne se renverse, et que les hosties ne s’envolent après la consécration.

Grâce au calme, nous pouvons célébrer la messe à bord

Finalement, un jour après, le vent remonte, et deux jours après, nous sommes de nouveau à notre allure préférée, le grand largue, à notre vitesse habituelle. Nous devons malheureusement abandonner l’idée d’une messe le dimanche, la mer étant trop forte. Et c’est dans la nuit de dimanche à lundi que nous arrivons, slalomant entre les nombreux cargos qui naviguent vers le canal de Panamá. Nous voici prêts pour les JMJ !

Henri

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